cancer sein21 e1345760059964 182x300 Augmentation mammaire par prothèse et lymphomeCet article est une mise à jour du dossier sur prothèses mammaires et cancer.

L’Institut National du Cancer est revenu récemment sur une forme extrêmement rare de lymphome (anaplasique à grandes cellules ou LAGC) en mars 2015.

Les données sont issues du travail du Pr Gary Brody aux Etats Unis qui a recensé dans le monde 173 cas (sur 15 ans) de ce type très rare de lymphome, développé exclusivement chez des patientes porteuses de prothèses mammaires. Il faut mettre ce chiffre en balance avec le nombre conséquent de patientes porteuses d’implants mammaires, environ 10 millions dans le monde. Le risque statistique est donc d’environ 0,00173%.

En France 18 cas ont été rapportés sur 400.000 patientes porteuses de prothèses mammaires (augmentation mammaire à visée esthétique ou reconstructrice).

 

Qu’est ce que le lymphome anaplasique à grandes cellules?

Il s’agit d’une forme rare de cancer qui ne se développe que chez des patientes porteuses de prothèses mammaires. La présentation clinique est variable : dans la plupart des cas il s’agit d’un épanchement liquidien autour de la prothèse qui survient plusieurs années après la mise en place des implants (en moyenne 9,3 années). Cette maladie est le plus souvent locale et nécessite l’ablation de l’implant mammaire ainsi que le retrait de la capsule qui s’est développée autour. Cette forme localisée du lymphome est de très bon pronostic.

Dans des cas plus rares il s’agit d’une masse développée aux dépends de la capsule prothétique voire d’une maladie métastatique (le lymphome s’est développé à distance de l’implant). Une chimiothérapie et éventuellement une radiothérapie peuvent être associées. Cette forme est plus grave et a conduit au décès des patientes dans 5% des cas.

 

Quelle est la cause de ce lymphome?

Elle n’est pas connue de façon certaine. Il faut donc rester extrêmement prudent!

– Le Pr Brody met en cause la texturation des implants, en particulier les implants macro texturés. La texturation favorise l’accroche de l’implant dans les tissus de la patiente (ce qui limite les risques de rotation de l’implant et diminuerait les coques péri prothétiques). Par contre elle pourrait entrainer une irritation locale, chronique, qui serait à l’origine du lymphome.

– D’autres auteurs mettent en cause une infection à bas bruit, autour de l’implant, en raison de la présence de bactéries. Cela entrainerait là aussi une inflammation chronique conduisant à l’apparition du lymphome.

 

J’ai bénéficié d’une augmentation mammaire par prothèses : que faut il faire?

– Le risque de développer un lymphome anaplasique à grandes cellules est réel mais très faible (moins de 0,002%).

– Il s’agit d’un élément supplémentaire pour faire surveiller régulièrement vos implants : un examen clinique +/- une échographie mammaire tous les ans.

– A ce jour il n’y a pas d’élément en faveur d’un retrait préventif des implants mammaires, que ce soit en chirurgie esthétique d’augmentation mammaire ou en reconstruction mammaire. En cas de doute le plus simple reste de contacter votre chirurgien esthétique.

 

Communiqué SOFCPRE sur le lymphome anaplasique à grandes cellules.