Reconstruction du sein

Présentation de la reconstruction du sein

La reconstruction du sein peut avoir lieu à deux moment différents de la prise en charge du cancer. Soit en même temps que l’ablation du sein (reconstruction mammaire immédiate), soit secondairement après la fin des traitements complémentaires (reconstruction mammaire secondaire). Ce choix est défini après discussion avec votre chirurgien. Les techniques de reconstruction du sein sont multiples et s’adaptent à votre morphologie et à vos désirs.

On peut citer la reconstruction mammaire par :

  • Prothèse ou expandeur mammaire
  • Lambeau de grand dorsal avec  prothèse ou autologue (sans prothèse)
  • Lambeau abdominal de TRAM (cette intervention est très peu réalisée)
  • Lambeau abdominal de DIEP
  • Lipomodelage exclusif (ou lipofilling mammaire).

Il faut savoir que quelque soit la technique utilisée une reconstruction mammaire nécessite 2 à 3 interventions chirurgicales : il faut en effet reconstruire le sein opéré mais aussi la plaque aréolo-mamelonnaire et symétriser le sein restant pour obtenir une harmonie entre sein natif et sein reconstruit.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter cet article du Dr Karsenti ou consulter les fiches de la SOFCPRE en fin de page.

Reconstruction mammaire par prothèse ou expandeur

Dans les cas où la qualité de la peau et du muscle pectoral sous-jacent le permet, le mode de reconstruction le plus simple reste la reconstruction mammaire par prothèse.

Cette reconstruction est prise en charge par l’Assurance-Maladie.

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Technique chirurgicale

L’intervention consiste à mettre en place, le plus souvent sous la peau et le muscle pectoral, une prothèse mammaire.

Elle peut être précédée d’une période d’expansion tissulaire si la quantité de peau est insuffisante. L’expansion de la peau se définit comme la possibilité d’augmenter la quantité de peau thoracique ce qui permettra de recouvrir la prothèse mammaire définitive. La reconstruction du sein est alors réalisée en 2 temps : mise en place de l’expandeur (ou prothèse d’expansion) qui sera gonflée de façon progressive durant 1 mois puis une seconde intervention pour retirer cet expandeur et mettre la prothèse définitive.

Les prothèses sont toutes constituées d’une enveloppe en élastomère de silicone qui peut être lisse ou plus ou moins rugueuse (texturée) pour diminuer le risque de formation de coque et de rotation de l’implant.

Cette prothèse peut être remplie ; soit de sérum physiologique (eau salée), soit de gel de silicone dont la consistance est plus proche de la glande mammaire. Dans l’immense majorité des cas les chirurgiens emploient des prothèses pré-remplies de gel de silicone. Quant à la prothèse temporaire d’expansion, son remplissage sera réalisé par du sérum physiologique.

Il existe plusieurs formes de prothèses : rondes, plus ou moins projetées, ou « anatomiques » dont l’épaisseur est plus importante dans la partie inférieure simulant le profil d’un sein naturel. Dans la plupart des cas c’est une prothèse anatomique qui est mise en place car il faut non seulement apporter du volume mais surtout reconstruire la forme du sein.

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Suites opératoires

Les suites opératoires peuvent être assez douloureuses pendant quelques jours, pouvant nécessiter de puissants antalgiques.

Ces antalgiques seront ensuite relayés par des antalgiques moins puissants prescrits à la demande pendant une quinzaine de jours. Au-delà, la persistance de la douleur doit faire l’objet d’un examen par votre chirurgien.

Le port d’un soutient gorge (nuit et jour) est nécessaire pendant 6 semaines.

Reconstruction mammaire par grand dorsal

Ce mode de reconstruction repose sur le prélèvement de peau et de muscle sur le côté du thorax et dans le dos. Il crée une cicatrice supplémentaire à cet endroit. La reconstruction du sein par lambeau de grand dorsal est indiquée quand la qualité de la peau du thorax ne permet pas de placer une prothèse seule (en particulier après radiothérapie) et lorsque la morphologie du thorax, la taille et la forme du sein controlatéral s’y prêtent.

Dans la majorité des cas, le volume du sein est  reconstruit en associant une prothèse au lambeau de grand dorsal. Mais cette technique peut être utilisée sans prothèse mammaire : le volume sera apporté par la réalisation d’1 à 3 séances d’injection de graisse (ou lipofilling mammaire).

Il s’agit d’une méthode de reconstruction très utilisée.

01.

Technique chirurgicale

Le lambeau de grand dorsal est prélevé : il comprend une partie de peau au niveau du dos et la partie latérale du thorax (ce qui laissera une cicatrice positionnée le plus souvent au niveau de la bretelle du soutien gorge) ainsi que le muscle grand dorsal. Il s’agit d’un muscle plat et large qui est utilisé pour effectuer des tractions à l’aide des bras. Ainsi il n’est pas prélevé chez les patientes qui utilisent des béquilles ou qui pratiquent l’escalade. Par contre son prélèvement n’empêche pas la pratique sportive (tennis, golf, natation, etc).

Ce lambeau présente ainsi 2 avantages :

– La peau prélevée permet de remplacer la peau abimée par la radiothérapie ce qui permet une reconstruction de meilleure qualité et un sein plus souple et naturel.

– Le muscle prélevé apporte de l’étoffe au lambeau : cela permet de mieux camoufler les contours de la prothèse mammaire (afin de la rendre moins visible) ou alors il est possible de réaliser dans un second temps des injections de graisse (ou lipofilling mammaire) de façon à augmenter le volume de la reconstruction.

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Suites opératoires

La durée d’hospitalisation est de 2 à 5 jours en fonction du temps nécessaire au drainage des sites opératoires.

Un système antidouleur est laissé en place au niveau du site de prélèvement du lambeau afin de minimiser au mieux les douleurs postopératoires.

Des soins de rééducation sont nécessaires durant le premier mois postopératoire.

Reconstruction mammaire par lambeau abdominal de Tram

Le lambeau de grand droit de l’abdomen est une technique originale qui peut être proposée aux patientes présentant un ventre assez généreux. L’excès de peau et de graisse à ce niveau est mobilisé au niveau du thorax afin de reconstruire le sein sans se servir de prothèse.

L’intervention s’adresse aux femmes plutôt corpulentes, peu sportives et non fumeuses.

L’intervention consiste à transférer au niveau du thorax un fuseau horizontal de peau et de graisse prélevé dans la région

abdominale sous-ombilicale et gardé vivant grâce au muscle grand droit.

Ce lambeau est glissé sous la peau sus-ombilicale et inséré entre la cicatrice de mastectomie et le sillon sous-mammaire comme une pièce rapportée.

La fermeture du site donneur engendre une cicatrice inférieure sur toute la largeur de l’abdomen.

Suites opératoires

Les suites opératoires sont en général assez douloureuses pendant quelques jours, pouvant nécessiter de puissants antalgiques.

Ces antalgiques seront ensuite relayés par des antalgiques moins puissants prescrits à la demande. Il convient d’envisager une convalescence d’au moins quatre semaines. Il persistera définitivement une faiblesse au niveau des muscles abdominaux qui peut gêner une femme sportive.

Cette intervention est de moins en moins pratiquée en raison des séquelles potentielles qu’elle peut entrainer sur la paroi abdominale.

Reconstruction mammaire par lambeau abdominal de Diep

La reconstruction mammaire par lambeau abdominal de DIEP comprend un prélèvement de peau et de graisse au niveau de l’abdomen.

C’est une évolution technique de la chirurgie de reconstruction appelée TRAM puisqu’elle préserve les muscles de la paroi abdominale.

Cette technique fait partie de la famille des reconstructions autologues (reconstruction seulement avec les propres tissus de la patiente) qui permet de ne pas utiliser de prothèse mammaire. Elle constitue le 1er temps d’une série de 3 interventions : reconstruction du volume et de la projection du sein, puis symétrisation des deux seins et enfin reconstruction de l’aréole et du mamelon. D’autres interventions peuvent être réalisées afin d’améliorer le résultat esthétique (injection de graisse pour combler les irrégularités, aspiration de l’excédent de volume).

La peau et la graisse de l’abdomen sont prélevées et vascularisées par de petits vaisseaux abdominaux que l’on coupe et dont on rétablit la continuité sous microscope au niveau du sein ou de l’aisselle (microchirurgie.)

La zone abdominale de prélèvement du lambeau est fermée en réalisant une abdominoplastie. La cicatrice se situe autour du nombril et à la partie inférieure de l’abdomen et peut être dissimulée par l’élastique du sous-vêtement. La symétrisation de l’autre sein et la reconstruction de l’aréole et du mamelon sont réalisées ultérieurement.

Cette intervention est réalisée au CHU de Montpellier.

Lipomodelage

La reconstruction mammaire peut être effectuée, quand les conditions locales le permettent, par injection de graisse uniquement. Elle permet d’obtenir un résultat naturel et durable dans le temps.

La graisse est prélevée au niveau des hanches, de l’abdomen, de la face interne des genoux et des cuisses. Une lipoaspiration (liposuccion) peut être effectuée dans le même temps.

Cette intervention est prise en charge par l’assurance maladie.

L’intervention dure en moyenne entre 1h et 1h30. il est en général nécessaire d’effectuer entre 2 et 3 séances de lipomodelage pour obtenir le volume définitif du sein.

Suites opératoires

Une gaine de contention doit être portée jour et nuit pendant une semaine.

Un arrêt de travail d’une semaine vous sera prescrit en post-opératoire.

Reconstruction de la plaque areolo-mamelonnaire

Après avoir reconstruit le volume et la forme du sein, il est souhaitable de proposer une reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire (aréole + mamelon) afin de restaurer complètement ce symbole de féminité qu’est le sein.

Cette reconstruction est prise en charge par l’Assurance-maladie.

L’intervention chirurgicale a pour but de reconstruire une aréole colorée ainsi qu’un relief central comme mamelon.

Il existe plusieurs techniques de reconstruction de l’aréole :

  • La greffe peau totale

    La peau est idéalement prélevée au niveau du sillon génito-crural (pli de l’aine) car à ce niveau elle est naturellement pigmentée et apparaît brune quand on la greffe au niveau de la région du sein. Cette pigmentation suffisante pour reproduire la couleur de l’aréole controlatérale mais le résultat apparaît durable et n’est pas toujours naturel. Elle peut être secondairement tatouée si nécessaire. On peut aussi utiliser la moitié périphérique de l’aréole de l’autre sein.

  • Le tatouage

    C’est la technique la plus simple qui consiste à introduire dans le derme, un pigment stérile. Ces tatouages ont souvent tendance à s’atténuer.

Il existe également plusieurs techniques pour reconstruire le mamelon dont :

  • La greffe controlatérale

    C’est la technique de choix si le mamelon est suffisamment projeté et généreux : on en prélève une partie pour la greffer de l’autre côté. Ce geste ne laisse quasiment pas de trace et n’altère pas la sensibilité aréolaire.

  • Les lambeaux locaux

    Un lambeau local de peau est prélevé et enroulé sur lui-même restaurant un relief mamelonnaire central. La cicatrice de prélèvement est dissimulée sous une greffe de peau ou un tatouage qui reconstruit l’aréole.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter cet article du Dr Karsenti, notre page Centre d’informations ou consulter les fiches de la SOFCPRE.

Vous souhaitez en savoir plus sur la reconstruction du sein par prothèse ?

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Vous souhaitez en savoir plus sur la reconstruction du sein par grand dorsal ?

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Vous souhaitez en savoir plus sur la réinjection de graisse autologue ou lipostructure ?

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Vous souhaitez en savoir plus sur la reconstruction de la plaque aerolo-mamelonnaire ?

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