L’augmentation mammaire par injection de graisse est autorisée en France depuis le mois de novembre 2011 sous certaines conditions. Celles-ci ont été mises à jour par la HAS en janvier 2015. Cette chirurgie esthétique du sein permet de réaliser une augmentation mammaire naturelle et durable avec la propre graisse de la patiente.

Lorsque la graisse est injectée dans les seins (lipofilling mammaire), il existe une perte de volume variable (en moyenne 30%) durant les premières semaines puis le résultat est naturel et définitif. Le volume des seins suivra vos variations de poids. L’augmentation mammaire est plus modeste qu’avec les prothèses (au moins une demie taille de bonnet et une taille de bonnet au mieux) mais les interventions peuvent être répétées. La graisse qui sera injectée dans le sein peut être prélevée au niveau du ventre, des cuisses ou des hanches.

Les cicatrices sont de l’ordre du millimètre au niveau des sites de prélèvements (abdomen, cuisse et hanche), et quasiment invisibles au niveau des sein.

Une lipoaspiration (liposuccion) est associée à ce type d’intervention ce qui est un bénéfice supplémentaire pour votre silhouette.

L’intervention dure entre 1h et 2h30 et peut être programmée en ambulatoire (sortie le soir même de l’intervention.)

Les suites opératoires du lipofilling mammaire sont simples avec le port d’une gaine de contention sur le site de prélèvement de la graisse pendant 1 à 2 semaines.

Les Questions que vous pouvez vous poser

Historique du lipofilling

Le premier transfert de graisse (ou lipofilling) a été réalisé en 1893 par Neuber pour corriger les séquelles d’une infection au niveau du visage. De nombreux autres médecins réalisèrent avec plus ou moins de succès des transferts de graisse mais la technique n’a pas connu d’essor important en raison de la mauvaise prise de greffe (parfois nulle) et des séquelles sur le site de prélèvement de cette graisse.

Il faut attendre 1983 et l’invention de la liposuccion par le Dr Illouz pour pouvoir prélever de la graisse en minimisant les séquelles du site donneur. La même année Illouz publie également les premiers transferts de graisse prélevée par lipoaspiration. De nombreux médecins perfectionnèrent la technique de transfert de graisse mais c’est le Dr Coleman en 1991 qui posa les bases d’une technique fiable et reproductible (ce qu’il appela la lipostructure). Elle était initialement réalisée au niveau du visage pour combler les zones creuses.

Les indications de l’injection de graisse se sont progressivement élargies à d’autre zone du corps. Les études scientifiques récentes ont par ailleurs mis en évidence la présence de cellules souches ce qui ouvre des voies de recherche prometteuses.

En pratique courante le lipofilling est utilisé :
en chirurgie réparatrice : correction des séquelles d’un accident, d’une chirurgie, des lipodystrophies du VIH, ou encore pour assouplir les fibroses après radiothérapie.

en chirurgie esthétique : comblement et atténuation des rides du visage (micro-lipofilling), restauration des volumes (pomettes, sourcils, tempes), augmentation des fesses, des seins, des mollets, du pénis, des grandes lèvres …

Ainsi l’injection de graisse a aujourd’hui acquis une certaines maturité technique bien que de nombreuses applications potentielles soient en cours de développement. Son utilisation principale est l’apport de volume avec les propres tissus du patient ce qui offre un résultat naturel et durable. Cette technique nécessite cependant de maitriser de nombreux aspects techniques ce qui la réserve aux chirurgiens qualifiés en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique. Les chirurgiens qualifiés sont répertoriés dans l’annuaire officiel.

Recommandations dans le lipofilling mammaire (HAS)

Recommandations lipofilling : la Haute Autorité de Santé à mis à jour ses recommandations vis à vis de l’injection de graisse (ou lipofilling mammaire). Les différents cas de figures abordés sont les suivants :

– Recommandations lipofilling d’un sein qui a été traité pour cancer (afin de corriger les séquelles de la résection du cancer).

– Recommandations lipofilling dans le cadre d’une reconstruction mammaire (après ablation du sein).

– Recommandations lipofilling dans le cadre d’une chirurgie esthétique (augmentation mammaire par graisse).

Recommandations lipofilling : dans le cadre de la chirurgie esthétique et de la chirurgie réparatrice sans antécédent de cancer du sein (ex : malformation congénitale), les contre-indications à l’autogreffe de tissu adipeux dans le sein sont :

une attente déraisonnable de la patiente quant aux résultats (augmentation mammaire
importante)
une réserve de graisse insuffisante.
une instabilité pondérale (ex : crise de boulimie ou d’anorexie).
des facteurs de risque familiaux (les mêmes que lors d’une consultation d’oncogénétique), histologiques (biopsie mammaire révélant des lésions atypiques), génétiques (ex : BRCA 1 et 2, PTEN, P53) et médicaux (ex : irradiation thoracique) de cancer du sein.
une pathologie cancéreuse mammaire évolutive, mise en évidence par un bilan préopératoire radiologique anormal (ACR 3, 4, 5 ou 6)
La limite d’âge de 35 ans pour la réalisation d’une injection de graisse dans les seins n’est donc plus retenue.
Le document peut être consulté dans son intégralité : recommandations lipofilling.
Le lipofilling mammaire Montpellier (ou autogreffe de graisse dans le sein) est réalisé de façon courante à l’ICEM (Institut de Chirurgie Esthétique Montpellier). Une consultation médicale est indispensable pour étudier la faisabilité de cette chirurgie esthétique.

Validation scientifique de la lipostructure

Lipostructure mammaire : un peu d’histoire …
La technique moderne du lipofilling mammaire (ou lipostructure) a été établie par le Dr Coleman en 1991. Très vite les indications opératoires se sont multipliées, en particulier au niveau du sein.
seringue graisse lipostructure mammaire ou lipofilling

En France, l’injection de graisse à surtout été utilisée et développée dans la reconstruction mammaire. Elle permet d’améliorer la qualité des résultats esthétiques des reconstructions, que ce soit pour les reconstructions avec prothèses ou lambeaux. De nouvelles techniques permettent même de réaliser des reconstructions mammaires exclusivement avec de la graisse.

Cependant la lipostructure mammaire n’a été autorisée par la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE) qu’en novembre 2011. En effet il existait des doutes sur la capacité à effectuer correctement le dépistage du cancer du sein après un lipomodelage:

« Actuellement, on peut considérer qu’un lipomodelage du sein, fait selon les règles de l’art par un chirurgien plasticien expérimenté dans ce domaine, n’entraine pas de difficulté diagnostique particulière pour un radiologue expérimenté en imagerie du sein.

Il n’existe, à ce jour, aucun élément probant permettant de penser que le lipofilling mammaire pourrait favoriser l’apparition d’un cancer du sein. En revanche, il n’en empêchera pas la survenue, si celui-ci devait apparaître. La patiente a en effet son propre risque de survenue d’un cancer du sein, qui dépend notamment de son âge (risque évalué à un risque sur 218 avant 40 ans, et un risque sur 40 entre 50 et 59 ans), de ses antécédents familiaux, de sa densité mammaire. Elle doit aussi comprendre que toutes les précautions doivent être prises pour limiter le risque de coïncidence entre la survenue d’un cancer et le lipomodelage (bilan strict fait avant l’intervention par un radiologue spécialisé en imagerie du sein; bilan strict à 1 an, puis répété à 2 ans, voire 3 ans). Dans cet esprit, la patiente demandant un lipomodelage des seins, s’engage à faire réaliser le bilan pré-opératoire d’imagerie du sein (mammographie, échographie) et surtout s’engage à faire réaliser les examens de référence (mammographie, échographie) à 1 an, 2 ans, voire 3 ans en fonction des recommandations du radiologue spécialisé ».

La lipostructure mammaire des seins est donc recommandée chez certaines patientes seulement :

âgées de 35 ans ou moins. Ce critère n’est plus obligatoire depuis le 01/01/2016. Voir le compte rendu de la HAS sur le lipofilling mammaire après 35 ans.

sans antécédents familiaux ou personnels de cancer du sein

– acceptant de réaliser une surveillance radiologique durant 1 à 3 ans en fonction des recommandations du radiologue.

Pour en savoir plus : Recommandations SOFCPRE

Augmentation mammaire composite (prothèse + graisse)

Augmentation mammaire composite
L’augmentation mammaire par prothèses peut être associée à un transfert de graisse (ou lipofilling mammaire) qui est prélevé chez la patiente par lipoaspiration. On parle alors d’augmentation mammaire composite. Cette greffe peut être réalisée dans le même temps opératoire ou dans un second temps pour optimiser le résultat esthétique de l’augmentation mammaire par prothèses. On parle également d’augmentation mammaire hybride (prothèses + graisse).

Dans quels cas ces techniques chirurgicales peuvent être associées :

Masquer les contours de la prothèse mammaire qui peuvent être visible en cas de grosse augmentation ou chez les patientes très minces.

Diminuer la palpabilité des implants en augmentant l’épaisseur des tissus qui recouvrent la prothèse.

Corriger une petite asymétrie de volume ou de forme.

– Améliorer le décolleté.

– Corriger un double sillon sous mammaire.

Lorsqu’elle est réalisé en un seul temps opératoire cette chirurgie d’augmentation mammaire hybride entraine un rallongement conséquent de l’intervention chirurgicale. En effet le prélèvement de la graisse doit se faire de façon douce (pour améliorer la prise de greffe). La graisse est ensuite travaillée de façon minutieuse pour ne conserver que la partie viable de la graisse. L’injection est ensuite prudente afin de ne pas percer les implants mammaires. En savoir plus sur le lipofilling mammaire et les précautions relatives à son utilisation (rapport HAS).